Seuls 11% des masses d'eau de la région sont en bon état écologique.
L'eau, un enjeu de société.
Une série spéciale de la Fédération des radios associatives en pays de la Loire.
Vous entendez derrière moi l'eau de l'huile ruisseler au niveau du barrage de l'Epo au Mans
et c'est ici que le Mans Métropole a entrepris un projet de restauration de la continuité écologique
de cette rivière de l'huile avec la mise en place d'une passe à poissons et pour en parler nous
sommes avec Hélène Thomas, technicienne GEMAPI à la direction au assainissement de la Métropole. Bonjour.
Bonjour.
Ainsi que Marcel Mortreau, vice-président délégué à l'eau et l'assainissement, la gestion des
cours d'eau et la prévention des risques majeurs.
Bonjour. Bonjour.
Alors tous les deux, déjà, peut-être expliquer ce projet de restauration de continuité écologique
et de passe à poissons.
Comment et pourquoi, finalement, la métropole du Mans a souhaité mettre ça en place ? Monsieur Mortreau.
Je dirais que c'est un projet ambitieux qui est conduit par Le Mans Métropole, qui vise trois objectifs.
D'une part, je dirais, fiabiliser la production d'eau potable, si on a une usine à proximité.
C'est de restaurer la continuité piscicole et c'est d'avoir une production d'électricité.
Et cette électricité qui sera produite permettra en partie d'alimenter l'usine de l'eau.
Projet à plusieurs phases. On va surtout se concentrer sur cette.
Continuité piscicole que vous évoquiez avec la.
Création d'une passe à poissons Hélène Thomas.
Donc en fait le barrage étant indispensable comme vient de dire monsieur Mortreau pour la création
d'eau potable, il crée malheureusement une chute que les poissons ne peuvent pas remonter comme ça.
Donc du coup on a créé une passe à poissons, une passe à bassins successifs afin que les poissons
puissent remonter de l'aval en amont pour aller se reproduire sur le bassin versant de l'Huisne
dans des cours d'eau plus petits.
Donc ça fonctionne comme un escalier en fait, c'est plein de petits bassins avec des petites
marches que les poissons peuvent franchir en nageant.
Si on essaye de donner un peu d'image à la radio, je sais que ce n'est pas forcément évident,
de ce que l'on a là en face de nous, comment ça se caractérise et comment ça se met en place finalement ?
Sous le pavillon, sous le bâtiment, il y avait une ancienne turbine qui a été retirée et on
a créé différents bassins qui zigzaguent sous ce bâtiment pour ressortir.
Donc il y a un certain débit qui va passer par cette passe et les poissons qui vont arriver
à l'aval vont se rendre compte qu'il y a ce débit et ils vont donc être attirés et puis ils
vont pouvoir rentrer dans la passe et franchir les différents bassins.
C'est des travaux qui ont commencé en juin 2024 et qui vont se terminer, qui devraient être
terminés en fin d'année, pour terminer l'aménagement des berges qui sont à proximité.
L'idée en fait c'est de restaurer la continuité écologique sur l'huile dans toute la traversée
du Mans. puisque effectivement, le Mans, c'est le début du bassin versant de l'huile et que
si on veut améliorer la circulation piscicole, mais également sédimentaire, puisqu'il y a aussi
les sédiments qui doivent circuler dans le sens inverse, d'amont vers l'aval, il faut restaurer cette ouverture.
Ça concerne forcément toute la biodiversité de l'huile, mais aussi les habitants autour de la rivière.
Les pêcheurs notamment s'inquiétaient de ne plus avoir de poissons dans l'huile, ce ne sera pas le cas.
C'est justement l'inverse, l'objectif c'est qu'ils puissent circuler et aller se reproduire en amont.
Ce qu'il faut savoir c'est qu'on a concerté avec les gens pour avoir leur avis, pour pouvoir
amender notre projet par rapport à des choses auxquelles on n'aurait potentiellement pas pensé.
On les avait déjà rencontrés une partie des personnes en septembre, Donc là, on les a revus le 7 février.
Donc le projet, il est amendé à la marge avec les petits éléments qu'on nous a demandé et qui sont possibles d'intégrer.
Donc ensuite, les berges seront restaurées, mais il y aura également des aménagements au niveau
du plan d'eau de l'hélosport pour maintenir le plan d'eau.
Donc il y aura des zones de pêche qui seront aménagées.
Il y a aussi les kayaks.
En enlevant le barrage de Pontlieu, on va permettre une diversification des écoulements.
Donc ça va permettre d'avoir effectivement en plus des nouveaux habitats pour les poissons et
de nouveaux lieux de reproduction. mais ça permettra aussi de refaire un certain nombre de berges,
donc de favoriser les habitats aussi sur les berges, la nidification des canards et autres,
donc c'est vraiment un projet global pour la biodiversité.
Merci beaucoup Hélène Thomas, merci également M.
Marcel Mortreaux de nous avoir parlé aujourd'hui de ce projet de passe à poissons sur la rivière
de Luine et on se dit à bientôt sur notre antenne.
Pensée locale, un enjeu de société.
Nous sommes maintenant en ligne avec Katia Chansibaud, chargée de recherche et développement
durable à l'Université Gustave-Eiffel de Nantes. Bonjour.
Bonjour.
Alors, Katia Chansibaud, vos recherches sont tournées vers l'hydrologie en milieu urbain et
ça tombe bien, c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui dans cette émission.
Racontez-nous un peu autour de quoi s'articulent vos travaux.
Alors, je m'intéresse à l'adaptation des villes au changement climatique et en particulier sur
les problématiques de gestion des eaux pluviales et du confort thermique.
En effet, les solutions qui permettent de s'adapter au changement climatique, d'un point de
vue de la gestion des eaux pluviales, finalement peuvent aussi, pour nombre d'entre elles, avoir
des bénéfices aussi pour le confort.
Votre domaine ne concerne pas forcément les questions de continuité écologique, comme dans notre
reportage au bord de l'huile, mais vous vous intéressez tout de même aux rivières en milieu urbain.
Quels sont les intérêts d'intégrer, de préserver ces rivières dans ces milieux-là, que ce soit
l'huile ou d'autres cours d'eau ?
En effet, parmi les solutions d'adaptation des villes au changement climatique, il y a ce qu'on
appelle les solutions fondées sur la nature et la réouverture des cours d'eau en milieu urbain
fait partie de ces solutions.
Si la réouverture des cours d'eau en milieu urbain facilite et permet la continuité écologique,
Elle permet aussi de mieux gérer les eaux pluviales en ville en essayant de retrouver un fonctionnement
plus naturel des écoulements que la zone connaissait avant l'urbanisation.
Donc, réouvrir ces cours d'eau, c'est permettre de retrouver un cycle de l'eau localement qui
correspond en fait à ce qu'on retrouve en milieu non urbanisé.
De plus en plus de collectivités s'intéressent à cette méthode, à ce modèle-là.
Oui, donc à Nantes, il y a eu ce genre de travaux qui ont été menés avec le ruisseau des Goa.
Dans un quartier, toute une partie de ce ruisseau a été réouverte et réaménagée pour permettre
à la population dans le quartier d'avoir accès à ce ruisseau et de bénéficier de zones de promenade.
Donc ça a un double intérêt.
En plus de la gestion des eaux pluviales, ça permet aussi aux habitants de se réapproprier ce
type de petites rivières urbaines.
Il me semble aussi que Nice fait partie des villes qui ont utilisé ce genre de travaux et de
nombreuses autres villes probablement que je ne connais pas.
Mais oui, c'est de plus en plus courant désormais.
Vous travaillez aussi au développement d'un modèle urbain hydro-microclimatique.
Expliquez-nous ce dont il s'agit.
Alors en fait, pour étudier la performance de ces solutions d'adaptation, pour conseiller les
collectivités, leur indiquer quelles solutions privilégier par rapport à une autre selon les
conditions locales et les enjeux auxquels ils essayent de répondre, On a besoin évidemment de
mieux comprendre comment ces solutions fonctionnent et donc d'évaluer leur performance.
Alors on dispose pour ça de données observées, mais ça nécessite beaucoup de travail, de l'argent,
du temps passé pour expérimenter, instrumenter de nombreuses solutions.
Donc on a pour ça des outils numériques qui nous permettent d'alléger les frais qu'on pourrait
avoir et puis le temps passé.
On limite l'instrumentation de ces ouvrages et on peut simuler tout un grand panel, un large
panel de solutions en les testant avec des solutions qui sont elles instrumentées puis ensuite
en testant dans des conditions différentes.
Et ça nous permet en plus les modèles de tester tester un déploiement de ces solutions dans
une ville future pour aider les collectivités à comprendre l'impact de certaines solutions par
rapport à d'autres ou même éventuellement à tester des scénarios d'aménagement futur et de voir
dans quelle mesure les solutions, les scénarios d'adaptation qu'ils ont envisagé ont un réel
effet sur les problématiques auxquelles ils essaient de faire face.
C'était L'Eau, un enjeu de société, une série spéciale de la FRAP en partenariat avec Terre
des Sciences, avec le soutien de la région des Pays de la Loire.
Cette initiative fait partie du projet Life Reverso, piloté par la région des Pays de la Loire,
avec le soutien financier de la Commission européenne.